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Perdition culturelle

Quid des attributs de pouvoirs culturels et de leur transmission au Gabon ?


Analyse
  • L’acteur américain Samuel L. Jackson, récemment naturalisé gabonais, et le directeur de cabinet d’Ali Bongo recevant des attributs culturels pour leur différente sortie © 2019 D.R./Info241
Publié le 29 septembre 2019 à 16h20min

Terre de toutes les pratiques les plus abjectes devenue, le Gabon excelle actuellement dans tout ce qui sort de son contexte. Même la culture qui était autrefois sacrée, est aujourd’hui réduite à de la simple mystification au service d’hommes politiques vendeurs d’illusions de tous bords.

Le constat est alarmant. Jamais autant la culture gabonaise n’avait été galvaudée que sous le règne de ceux qui ont fait de l’émergence de ce pays, un simple slogan, à défaut d’être une simple vue de l’esprit.

Une soumission culturelle aux acteurs politiques

En effet au Gabon, il faut remarquer qu’à la moindre période électorale ou sortie politique, les acteurs politiques sillonnent l’arrière-pays pour y répandre des messages plus ambigus les uns que les autres à une population sciemment précarisée par ces mêmes qui s’en vont se proposer à elle comme solution miracle devenue, le temps d’une tournée ou d’une rencontre politique.

Le Mbuanda autrefois interdit au grand public, exhibé lors d’une rencontre politique du CLR à Libreville

Et comme pour mieux attester leur soumission volontaire à ces bourreaux au col blanc qui arrivent, des personnages d’un certain âge qui n’ont que leur calvitie et leur moustache épaisse n’hésitent pas à se donner en spectacle face à eux avec la fameuse phase de la remise d’objets symboliques qui, autrefois, revêtaient pourtant un caractère hautement mystique et ne se transmettait que rarement en journée, autant qu’ils ne se transmettaient pas au premier venu.

Objets sacrés ?

Lesdits objets sacrés étaient gages de puissance, d’élévation spirituelle et surtout, constituaient des totems qui au service de la communauté qui en était détentrice. Des rites initiatiques bien du terroir étaient organisés à l’occasion de leur évocation et de leur manipulation. Ne pouvait en bénéficier qu’un membre de la communauté en qui les anciens avaient jeté leur dévolu pour être consacré comme digne héritier protecteur de cette dernière.

Or aujourd’hui, la transmission de ces attributs est devenue un grand marchandage. Même des gens venus d’ailleurs en bénéficient dès lors qu’ils jouissent d’un pouvoir politique et financier notables. C’est par exemple les cas encore récent de l’acteur-cinéaste Américain Samuel Lee Jackson ou de Brice Laccruche Alihanga, le super directeur de cabinet et « messager intime » d’Ali Bongo au sein de la communauté Omyénè de façon générale.

La vidéo de cette transmission culturelle

Une pratique qui, il faut le noter, irrite au plus haut point une faction importante de cadres et dignitaires de cette communauté qui ne cache plus sa gêne face à de tels agissements.

Des pratiques remises en cause

Sur sa page Facebook par exemple, il y a quatre jours, Laure Olga Gondjout, ancienne ministre sous Omar Bongo et récemment encore ancienne médiatrice de la République, n’a visiblement pas mâché ses mots à l’endroit de Dieudonné Berre avec cette boutade qui circule les réseaux sociaux et qui semble bien cibler ce dernier après avoir remis une torche indigène à Brice Laurent Laccruche en guise de transmission du pouvoir.

Le post de dénonciation de Laure Olga Gondjout

Comment donc expliquer une transmission du pouvoir, même symboliquement, à quelqu’un qui n’est que le messager intime de quelqu’un d’autre alors même qu’il dit lui-même ne venir que sous son impulsion ?

À l’évidence, tous les pillages sont permis dans ce pays avec la bénédiction des propres fils du Gabon. Outre les richesses dont ils se sont accaparés, le dépouillement des valeurs culturelles ancestrales est lui aussi en marche. Mais pour quel effet à moyen ou long terme ? Prospèrent-ils forcément entre les mains de celui qui en bénéficie ? Seul l’avenir nous dira.


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